Un site internet, une page Facebook, un compte Instagram, des vidéos courtes, une newsletter… En 2026, la communication numérique est devenue un levier central des campagnes municipales. Mais le web n’est pas une zone “hors droit” : certaines pratiques sont autorisées, d’autres risquées, et quelques-unes clairement interdites selon les périodes. Voici une synthèse pratique (et très actionnable) pour communiquer efficacement sans se mettre en difficulté.
🗓️ 1) Les dates qui changent la règle du jeu (à connaître absolument)
Il existe plusieurs “temps” de la campagne, et la communication se pilote différemment selon la période :
- Avant l’élection : la période de financement / communication peut démarrer bien avant le scrutin (et certaines interdictions s’appliquent déjà plusieurs mois avant).
- Campagne électorale “officielle” : elle s’ouvre le deuxième lundi précédant le scrutin et s’achève la veille du scrutin à minuit (même logique entre les deux tours).
- Dates du scrutin 2026 : 1er tour 15 mars 2026, 2nd tour 22 mars 2026.
🌐 2) Site de campagne : pourquoi c’est l’outil le plus “safe” (si vous le gérez bien)
Un site est souvent le support le plus solide : il centralise votre projet, vos équipes, vos événements, vos contacts, vos documents. Surtout, il permet de publier des contenus longs (FAQ, budget, diagnostic, engagements) que les réseaux sociaux résument mal.
- À publier : programme, équipe, agenda, communiqués, infos pratiques (procuration, bureaux…), formulaires de contact, newsletter.
- À soigner : mentions légales, identité de l’éditeur, RGPD (formulaires), archivage des contenus.
- À anticiper : le coût de création/maintenance/hébergement doit être intégré au financement si le contenu présente un caractère électoral.
📱 3) Réseaux sociaux : efficacité maximale, vigilance maximale
Les réseaux sociaux sont très puissants pour :
- montrer votre présence sur le terrain (porte-à-porte, rencontres, marchés) ;
- annoncer un événement et relancer ;
- répondre aux questions ;
- humaniser l’équipe (portraits, coulisses, “avant/après”).
Mais ils posent aussi des risques classiques : contenus non sourcés, attaque personnelle, confusion entre communication institutionnelle et électorale, publicité mal calibrée, etc.
🚫 4) Publicité et “encarts” : un point souvent mal compris
Le guide CNCCFP rappelle un point très concret : une publication présentant un caractère électoral ne doit pas contenir d’encarts publicitaires, car cela peut être analysé comme un financement partiel par des personnes morales (interdit).
🧾 5) “Tout ce qui est électoral” doit être comptabilisé
Principe simple : si votre contenu est électoral (appel à voter, mise en avant de la liste, promotion d’un bilan/contre-bilan, vidéo de campagne, site de campagne…), son coût doit être retracé et justifié dans le cadre des règles applicables (mandataire, compte, pièces, etc.).
- Site web : création, maintenance, hébergement, achats de nom de domaine, outils d’emailing, etc.
- Vidéo : tournage, montage, sous-titres, musique sous licence.
- Graphisme : logo, charte, templates, affiches, visuels réseaux.
🧠 6) Méthode de communication “propre” en 6 règles
- 1. Une charte éditoriale (ton, thèmes, interdits, validation) ;
- 2. Un canal “source” (le site) + des canaux “diffusion” (réseaux) ;
- 3. Une routine de preuve : quand vous avancez un chiffre, vous gardez le lien/source ;
- 4. Une procédure anti-incident : qui répond, sous quel délai, avec quels mots ;
- 5. Un suivi des coûts (tableur + pièces justificatives) ;
- 6. Un calendrier adapté aux périodes (avant / campagne officielle / entre-deux tours).
🔎 7) Cas spécial 2026 : communes < 1 000 habitants (mode de scrutin modifié)
Depuis la réforme applicable aux municipales 2026, les communes de moins de 1 000 habitants basculent sur un scrutin de liste paritaire : fin du panachage et fin des candidatures individuelles. Cela change aussi la communication : vous communiquez davantage pour une équipe (liste), plus seulement pour des individus.
📌 Ce qu’il faut retenir
Le numérique est un accélérateur de campagne… à condition d’être structuré. Un site de campagne est souvent le meilleur socle (contenu stable, lisible, archivable), les réseaux servent la diffusion et la mobilisation, et la règle d’or reste la même : tout ce qui est électoral doit être traçable, conforme, et cohérent avec les périodes.
Sources utiles : CNCCFP – Guide 2025-2026 ; info.gouv.fr – dates des municipales 2026 ; Code électoral – période de campagne ; Ministère de l’Intérieur – réforme < 1 000 habitants.



